DOMMAGE QUE CE SOIT UNE PUTAIN, John FordFiche de lecture

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Une pièce subversive et ironique

La transgression de Giovanni est lourde d'implications religieuses et morales : par cet amour innocent et profondément subversif à la fois, il assume la dimension d'un libre-penseur qui vit une religion naturelle à travers un érotisme dévoyé. Le sacrifice d'Anabella apparaît bien comme l'affirmation de sa liberté radicale, malgré le Ciel et les hommes, comme l'avènement d'un soleil noir, celui des libertins : « La gloire de mon acte/ A assombri le soleil de midi, fait du plein jour la nuit » (V, 6). Mais si Giovanni, en choisissant l'heure de sa propre mort, exerce son libre arbitre au moment même où il va être mis à mort, c'est le Cardinal, garant d'une morale douteuse, qui juge les actes d'Anabella dans les dernières lignes de la pièce, ultime pirouette de ce moraliste ironique qu'est Ford : « Qui ne pourrait dire : „Dommage que ce soit une putain“ ? » (V, 6).


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Écrit par :

  • : agrégée d'anglais, ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, maître de conférences à l'université de Paris-VIII-Saint-Denis

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Pour citer l’article

Line COTTEGNIES, « DOMMAGE QUE CE SOIT UNE PUTAIN, John Ford - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/dommage-que-ce-soit-une-putain/