CROISADE DES ENFANTS (1212)

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Mouvement populaire déclenché simultanément dans la région parisienne, en Rhénanie et en Italie du Nord, peu après l'émotion suscitée, à la Pentecôte 1212, par les processions ordonnées pour aider à la victoire sur les Sarrasins d'Espagne (Las Navas de Tolosa, 16 juill.). Malgré un nom qui vient de traductions incertaines et de documents tardifs, il est assuré que ce mouvement affecta fort peu de véritables enfants ; ce furent surtout de pauvres gens désireux de donner une leçon aux chrétiens plus favorisés, chez qui l'idée de croisade s'émoussait. Toutefois, la raison profonde tient sans doute à la pression démographique, génératrice de migrations, qui était très forte dans les régions, précisément, où s'est développé ce nouvel enthousiasme pour la croisade ; le bouleversement, pour la même raison, des structures familiales n'est pas non plus étranger au phénomène. Des éléments marginaux de la population se mêlèrent naturellement à un mouvement qui ne pouvait être contrôlé.

La croisade des Enfants

La croisade des Enfants

photographie

La croisade des Enfants, un mouvement populaire qui mena des milliers de pauvres gens jusqu'aux rives de la Méditerranée, en 1212. 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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Parvenus dans les ports méditerranéens (Marseille, Gênes, Pise, Venise), la plupart des « croisés » furent refoulés et se dispersèrent ; très peu rentrèrent chez eux, beaucoup ne survécurent pas aux rigueurs de l'hiver et à la misère. Quelques-uns réussirent à trouver un passage sur des bateaux qui partaient pour l'Orient ; ceux qui ne moururent pas dans un naufrage au large de la Sardaigne furent finalement vendus comme esclaves en Égypte.

L'hostilité de la société, laïque et ecclésiastique, à un phénomène qui échappait à toute emprise institutionnelle et dont les motivations étaient aussi vagues que mêlées est certainement la raison principale d'un échec aussi lamentable ; il faut cependant rappeler que la croisade populaire de 1096 échoua, elle aussi, malgré sa concomitance avec l'expédition militaire des barons. On ne doit pas confondre la croisade des Enfants avec la croisade des Pastoureaux, mouvement analogue déterminé en France par la défaite de Saint Louis en Égypte.

—  Jean FAVIER

Écrit par :

  • : membre de l'Institut, directeur général des Archives de France

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  • Jean RICHARD
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Dans le chapitre « La cinquième croisade »  : […] Une cinquième croisade n'allait pas tarder à être organisée, toujours par les soins d'Innocent III. Elle fut précédée par un mouvement populaire, la croisade des enfants de 1212 ; des milliers de jeunes pèlerins allemands et français s'étaient mis en route pour la Terre sainte ; mais leur entreprise s'acheva misérablement dans les villes d'Italie et à Marseille. Innocent III chercha à convaincre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/croisades/#i_19646

Pour citer l’article

Jean FAVIER, « CROISADE DES ENFANTS (1212) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/croisade-des-enfants/