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CENTENAIRE D'HERGÉ

Hergé

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La bande dessinée a succombé à la mode des célébrations d'anniversaire, ce qui est sans doute l'un des signes qu'elle est devenue un moyen d'expression comme les autres. Dès lors, il n'est pas surprenant qu'Hergé, qui aurait eu cent ans le 22 mai 2007, ait fait l'objet de nombreuses manifestations commémoratives.

La plus marquante de celles-ci fut l'exposition qui s'est tenue au Centre Georges-Pompidou à Paris du 20 décembre 2006 au 19 février 2007, parce que les œuvres exposées étaient d'un intérêt exceptionnel. Le public put notamment voir l'ensemble des planches originales de la première version, en noir et blanc, du Lotus Bleu, réalisées en 1934-1935, période où le graphisme d'Hergé arrivait à maturité. D'autres expositions se sont tenues dans le monde, notamment à Bruxelles, Ostende, Stockholm et Québec.

Les commémorations bédéphiliques sont souvent l'occasion de prolongements philatéliques. En France, six timbres à l'effigie des principaux personnages d'Hergé furent mis en circulation. Quant à la Belgique, elle émit vingt-cinq timbres reproduisant les vingt-quatre couvertures des albums de Tintin, dans des langues différentes, ainsi qu'une vignette reprenant une photographie d'Hergé.

La quasi-totalité de la presse francophone se fit l'écho de ce centenaire, lui réservant souvent une place inattendue : c'est ainsi que l'hebdomadaire Pèlerin du 17 mai 2007 a consacré à Tintin sa couverture et seize pages intérieures. En outre, une dizaine d'ouvrages sont venus s'ajouter à la liste, déjà fort longue, des livres consacrés à Hergé ou à son œuvre. Le plus attendu fut celui de Philippe Goddin, une relation très précise de la vie d'Hergé (Hergé, lignes de vie, Moulinsart, 2007), qui venait après deux autres sommes biographiques, la première due à Pierre Assouline (Hergé, Plon, 1996), qui avait insisté sur la période de l'Occupation et ses conséquences, la deuxième à Benoît Peeters (Hergé fils de Tintin, Flammarion, 2002), qui avait su faire brillamment le lien entre l'homme et l'œuvre.

Casterman, éditeur d'Hergé (depuis 1934, et en principe jusqu'en 2053 !), a profité de cette actualité pour mettre dans le commerce diverses éditions des albums de Tintin, que l'on peut désormais acquérir en petit format couleurs, ou en noir et blanc pour les récits d'avant-guerre, qui avaient été publiés à l'origine sous cette forme. Casterman a également achevé la réédition en fac-similé des premières versions en couleurs. De cette masse d'albums faussement nouveaux et à l'intérêt souvent limité se détachent les volumes au format à l'italienne : Les Vrais Secrets de la Licorne et À la recherche du trésor de Rackham le Rouge (Moulinsart-Casterman, 2007), qui présentent pour la première fois – si l'on excepte des éditions dites « pirates » – les épisodes Le Secret de la Licorne et Le Trésor de Rackham le Rouge tels qu'ils parurent à l'origine dans le quotidien bruxellois Le Soir, en 1942 et 1943. Ces deux albums bénéficient en outre des commentaires éclairants de deux spécialistes d'Hergé, Daniel Couvreur et Frédéric Soumois.

Les jours qui précédèrent la date exacte du centenaire furent marqués par la confirmation de deux projets, dont il était question depuis plusieurs années. Le 14 mai, le journal américain Daily Variety annonçait que les cinéastes Steven Spielberg et Peter Jackson allaient s'associer pour réaliser trois films en images numériques adaptant des épisodes de Tintin. Le 21 mai était posée la « première pierre » du futur musée Hergé, qui doit être construit par l'architecte Christian de Portzamparc à Louvain-la-Neuve – un lieu contesté par certains, qui rappellent que la ville d'Hergé – et de Tintin – était Bruxelles.[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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