TUNNEL DU MONT-BLANC CATASTROPHE DU

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Le 24 mars 1999, à la suite d'une fuite de carburant et de l'échauffement du moteur, la cabine d'un semi-remorque frigorifique s'enflamme alors que le véhicule est au milieu du tunnel du Mont-Blanc (d'une longueur de 11,6 km). Vingt-six véhicules sont détruits dans cet incendie qui fait trente-neuf victimes dont trente-sept par asphyxie.

Tunnel du Mont-Blanc après l'incendie du 24 mars 1999

photographie : Tunnel du Mont-Blanc après l'incendie du 24 mars 1999

photographie

Vue du tunnel du Mont-Blanc après le violent incendie du 24 mars 1999, qui fit 39 victimes. 

Crédits : CETU

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Cette catastrophe est tout à fait unique dans l'histoire des tunnels routiers : c'est le seul cas où des personnes sont mortes en grand nombre par intoxication. Sont en cause : la fuite de carburant initiale, la remorque frigorifique du premier camion en feu (avec production vraisemblable d'acide cyanhydrique en grande quantité), la nature du chargement (9 tonnes de margarine qui ont fondu et brûlé comme de l'huile), la faible distance entre les véhicules arrêtés, le nombre trop réduit d'abris et l'absence de dispositif d'évacuation autre que le tunnel lui-même, l'absence d'extracteur de fumée dans la zone de l'incendie qui, conjuguée avec une arrivée d'air frais trop importante, a provoqué très rapidement l'envahissement du tunnel par la fumée.

Des travaux de réhabilitation et de modernisation du tunnel du Mont-Blanc, lancés en 2000, ont profondément reconfiguré l'ouvrage, en créant des abris tous les 300 mètres, qui sont reliés à une galerie d'évacuation, et en installant des équipements de sécurité et d'exploitation pilotés par un système de gestion technique centralisée (G.T.C.) de grande envergure.

Le tunnel a été rouvert aux véhicules légers le 9 mars 2002 puis, de façon progressive, à d'autres catégories de véhicules.

Les pouvoirs publics ont dû revoir en profondeur les normes sur la sécurité dans les tunnels, à l'échelon national comme à l'échelon européen. Plus généralement, c'est le débat sur les nuisances créées par le trafic des poids lourds dans les traversées alpines et la nécessité de parvenir à un rééquilibrage des modes de transport, notamment par un transfert du fret de la route vers le rail, qui a été relancé.

—  Philippe SARDIN, Universalis

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Pour citer l’article

Philippe SARDIN, « TUNNEL DU MONT-BLANC CATASTROPHE DU », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/catastrophe-du-tunnel-du-mont-blanc/