KINGELEZ BODYS ISEK (1948-2015)

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En Afrique noire, la sculpture traditionnelle a souvent joué un rôle de cohésion sociale en incarnant un pouvoir, un absolu. Depuis les années 1980, des artistes africains fortement individualistes défendent la liberté de la création et à travers elle l'expression de leur personnalité. Un certain nombre de ces artistes furent découverts par la critique et le public parisien à l'occasion de l'exposition Magiciens de la Terre (Centre Georges-Pompidou et Grande Halle de La Villette, 1989). L'un d'eux, le Congolais Bodys Isek Kingelez, est l'une des figures emblématiques de la sculpture africaine contemporaine.

Né le 27 août 1948 à Kimbembele Ihunga (alors au Congo belge), Kingelez s'installe à Kinshasa où il enseigne dans une école secondaire jusqu'en 1977 ; en 1979, il réalise sa première maquette en carton de récupération, toujours visible au musée de Kinshasa où l'avait fait installer le directeur. Kingelez est alors nommé restaurateur à l'Institut des musées nationaux. Mais à partir de 1985, il se consacre entièrement à son travail d'artiste qu'il désigne par l'expression « architecture maquettique ».

À la fin des années 1970, Kinshasa est une grande métropole chaotique, anarchique, très délabrée, où Kingelez a trouvé le terrain qui convient à son épanouissement. Il vit et travaille au cœur de Kinshasa, dans une « parcelle » quasi inviolable qu'il a fait clore d'un mur de cinq mètres de haut pour ne pas être vu.

Kingelez se consacre exclusivement au projet « d'imaginer quelque chose qu'on n'aurait jamais vu ». Pour lui « l'art est un produit rare, de grande pensée, des mouvements de l'imagination. L'art est un haut savoir, un vecteur de renouveau individuel qui participe de l'avenir meilleur du collectif ». Il édifie alors selon ses propres termes des « extrêmes architectures » qui semblent sortir des carnets de l'architecte futuriste Sant'Elia (1888-1916) ou de l'agence de l'architecte américain Michael Graves, alors que la capitale congolaise qu'il a quittée pour la première fois en 1989 est son unique référence.

Ces « supra-ma [...]


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Écrit par :

  • : conservateur de la Contemporary African Art Collection, historien de l'art

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Pour citer l’article

André MAGNIN, « KINGELEZ BODYS ISEK - (1948-2015) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bodys-isek-kingelez/