FISCHER BOBBY (1943-2008)

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Seul Américain depuis Paul Morphy (1837-1884) à avoir dominé la scène échiquéenne mondiale, Bobby Fischer est devenu célèbre auprès du grand public pour avoir interrompu, en pleine guerre froide, la série des champions du monde soviétiques.

Robert James (Bobby) Fischer naît le 9 mars 1943 à Chicago (Illinois) au sein d'une famille bientôt désunie. Il découvre les échecs à l'âge de six ans et rejoint l'année suivante le Brooklyn Chess Club de New York. Le collégien, auquel un quotient intellectuel de 180 a été reconnu, n'ira pas loin dans ses études, mais les progrès du joueur sont impressionnants. En janvier 1958, il devient le plus jeune champion des États-Unis. Quelques mois plus tard, il est, à quinze ans et demi, le plus jeune participant au tournoi des candidats, épreuve triennale dont le vainqueur affronte, titre en jeu, le champion du monde. Il devient encore à cette occasion le plus jeune joueur de l'histoire à obtenir le titre de grand maître international.

Sans rival aux États-Unis où il supplante bientôt Samuel Reshevsky et, à une exception près, remporte toutes les compétitions auxquelles il participe dans ce pays, Bobby Fischer s'impose, dans les années qui suivent, comme un des rares à pouvoir battre les grands maîtres soviétiques. Cette période le voit aussi révéler une personnalité difficile voire fantasque, travaillée par une inquiétude religieuse (Fischer est lié à une secte), portée aux déclarations spectaculaires et à la contestation (il a, dès 1959, accusé les joueurs soviétiques de collusion entre eux et deux tournois des candidats se déroulent sans lui). Retrouvant toutefois la voie du championnat du monde à la fin des années 1960, il remporte avec éclat en 1971 le tournoi des candidats, alignant vingt victoires de rang, écrasant le Soviétique Mark Taïmanov et le Danois Bent Larsen, et dominant en finale l'ancien champion du monde soviétique Tigran Petrossian.

C'est un joueur au sommet de son art qui l'année suivante, à Reykjavik, affronte pour le titre mondial Boris Spassky lors d'un match resté fameux et dont le retentissement dépasse de beaucoup le monde des échecs professionnels. Précédé de diverses exigences de la part de Fischer concernant le lieu et la bourse, suivi de près par les médias dans un contexte de rivalité géopolitique entre les deux superpuissances, le « match du siècle » voit l'Américain, après un début catastrophique (une défaite sur une grosse erreur, suivie d'une défaite par forfait), s'imposer nettement devant le Soviétique (12,5 à 8,5). Cette victoire fait de Bobby Fischer une célébrité et suscite aux États-Unis un engouement pour les échecs.

En 1975, toutefois, Fischer, qui n'a plus joué en tournoi depuis Reykjavik, refuse de défendre son titre devant le Soviétique Anatoli Karpov, faute de voir acceptées par la Fédération internationale des échecs toutes ses exigences quant aux conditions d'organisation de la rencontre. Il quitte la scène, ne reparaissant ponctuellement que pour dénoncer à travers des déclarations déconcertantes, et qui l'isolent de plus en plus, les complots internationaux dont il serait la victime. Sa carrière est en fait achevée, même s'il affirme longtemps encore être toujours le champion du monde. Hormis un match « revanche » remporté en 1992, en Yougoslavie, contre son ancien adversaire de Reykjavik, Bobby Fischer n'a plus joué en public depuis son sacre de 1972. Très richement doté il est vrai, ce match sans enjeu sportif mais qui violait l'embargo alors instauré par les Nations unies lui vaudra de longs démêlés avec la justice américaine, conduisant Bobby Fischer à vivre dans la clandestinité puis, en 2005, à adopter la nationalité islandaise pour éviter d'être extradé du Japon où il s'était installé. Il meurt à Reykjavik le 17 janvier 2008. Pour les amateurs d'échecs, dont beaucoup ont longtemps rêvé d'une confrontation au sommet entre Fischer et ses successeurs Karpov et Kasparov, il fut un joueur au talent éblouissant, peut-être le plus fort joueur « naturel » que les échecs aient compté au xxe siècle. Son recueil de 1969, Mes Soixante Meilleures Parties, est un grand classique de la littérature échiquéenne.

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SPASSKY BORIS (1937- )

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Joueur d'échecs français d'origine soviétique, champion du monde de 1969 à 1972. Né à Léningrad (actuellement Saint-Pétersbourg) le 30 janvier 1937, Boris Vassilievitch Spassky apprend à jouer aux échecs dans un centre d'accueil pour enfants de la province de Kirov où il a été évacué en raison de l'offensive allemande. Maître international en 1953, il remporte le championnat du monde junior en 195 […] Lire la suite

Pour citer l’article

« FISCHER BOBBY - (1943-2008) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bobby-fischer/