BÜLOW BERNHARDT prince de (1849-1929)

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Né dans le Schleswig-Holstein, Bernhardt von Bülow est issu d'une vieille famille danoise (son père sert successivement le Danemark et les États allemands). Il est officier de hussards, puis, après 1871, entre dans la carrière diplomatique. Très rapidement ambassadeur à Bucarest puis à Rome, il devient à son tour, comme son père, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, puis en 1900 chancelier d'Empire. Très cultivé, fort intelligent, Bülow, comme le montrent ses Mémoires, est un homme mou, hésitant, malgré une apparence extérieure brillante et parfois même séduisante. Très vite son secrétaire d'État Holstein jouera auprès de lui un rôle essentiel. Homme d'Allemagne du Nord, très influencé par la politique britannique, il pousse à l'expansion allemande en Europe centrale, au Proche-Orient et en Extrême-Orient, et il soutient l'amiral von Tirpitz dans la constitution d'une forte marine de guerre. Mais Bülow refuse de s'engager à fond en faveur de la Grande-Bretagne et éconduit Chamberlain en 1898, favorisant ainsi la conclusion de l'Entente cordiale de 1904. Il pousse à la constitution d'une alliance germano-russe qui aurait brisé l'alliance franco-russe. Mais le traité de Bjorkö signé par le kaiser et le tsar ne sera pas ratifié par le gouvernement russe en 1905. Enfin Bülow échoue également dans sa tentative de limiter l'influence française au Maroc et doit accepter la conférence d'Algésiras où l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie se retrouvent isolées. Sa politique n'est soutenue réellement que par la droite : conservateurs et nationaux-libéraux. Il essaie d'obtenir l'appui du Zentrum catholique mais celui-ci, très réticent devant sa politique africaine, s'unit aux sociaux-démocrates et le chancelier doit dissoudre le Reichstag. L'échec des sociaux-démocrates lui aurait permis de gouverner plus commodément si l'incident du Daily Telegraph en 1908 ne l'avait pas obligé, en réponse à une interpellation au Reichstag, à critiquer publiquement une déclaration imprudente de l'empereur. Celui-ci profite de la première occasion pour le renvoyer en juillet 1909. Sa dernière fonction, ambassadeur du Reich à Rome (1914-1915), est encore un échec : il ne peut empêcher l'Italie d'entrer en guerre contre les puissances centrales. Il a laissé les Mémoires du chancelier prince de Bülow, 1930.

—  François-Georges DREYFUS

Écrit par :

  • : professeur à l'université de Strasbourg-III, directeur de l'Institut d'études politiques de Strasbourg

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Pour citer l’article

François-Georges DREYFUS, « BÜLOW BERNHARDT prince de (1849-1929) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bernhardt-bulow/