GHĀLIB ASSADULLĀH KHĀN dit (1793 env.-1869)

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Poète indien de langue urdū, né à Āgra, mort à Delhi, Assadullāh khān, qui devait choisir le pseudonyme de Ghālib, appartenait à une famille noble ; il descendait du roi Afrāsyāb de Touran. Orphelin très jeune, il perdit en 1857, lors de la révolte des cipayes, son patrimoine familial. En 1852, il devint le professeur de poésie du dernier roi moghol, shāh Zaffar, et fut considéré comme poète-lauréat. Après 1857, le nabab de Rāmpur le prit comme précepteur ; mais son salaire suffisait à peine à financer ses plaisirs, et il fut emprisonné quelque temps pour dettes. Cet aristocrate, fier de ses origines, avait des goûts dispendieux et un large cercle d'amis. On retrouve dans sa poésie l'écho de sa manière de vivre. Hautement respecté pour sa connaissance du persan et de l'urdū, il est regardé non seulement comme le plus grand poète, mais encore comme le premier grand prosateur en cette dernière langue. Ses œuvres, qui comptent parmi les classiques de l'Inde musulmane, sont à peu près totalement ignorées en Occident, faute de traductions. Il écrivit un grand nombre de vers persans, qui sont oubliés aujourd'hui, bien qu'il en eût tiré vanité. En revanche, c'est à une œuvre qu'il jugeait secondaire, un petit Diwān en ourdou, qu'il doit sa célébrité. Son génie ne fut pas reconnu de son vivant par le grand public, ce qui lui fit dire avec amertume : « La gloire de ma poésie atteindra chaque recoin de la terre, après moi. » Plein d'humour et de sensibilité, possédant une connaissance profonde de la nature humaine et une vaste expérience sur tous les plans, spirituels aussi bien que profanes, il dispose d'un vocabulaire poétique puissant et doué d'un pouvoir de suggestion qui n'a pas été dépassé dans la langue urdū. Il adopte généralement la forme du ghazal, ode consistant en distiques reliés entre eux par une unité d'inspiration et d'émotion, ainsi que de rimes et de rythmes, le pseudonyme de l'auteur étant indiqué dans le dernier vers.

Qu'il exprime un amour humain ou mystique, le ghazal utilise d'ordinaire un symbolisme érotique ; Ghālib l'emploie à traduire les mille dét [...]

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URDŪ ou OURDOU LANGUE & LITTÉRATURE

  • Écrit par 
  • Denis MATRINGE
  •  • 2 719 mots

Dans le chapitre « La littérature urdū »  : […] Tout d'abord dédaigné par l'élite musulmane de l'Inde du Nord dont le persan était la langue de culture et d'administration, c'est, comme il a été dit, à la cour des royaumes de Bijapur et de Golconde fondés dans le Deccan, après l'effondrement du sultanat de Delhi, que l'urdū connut sa première utilisation littéraire. De la fin du xvi e à la fin […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/urdu-ourdou/#i_23098

Pour citer l’article

Eva de VITRAY-MEYEROVITCH, « GHĀLIB ASSADULLĀH KHĀN dit (1793 env.-1869) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/assadullah-khan-ghalib/