ASMARA

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

carte : Érythrée : carte administrative

Érythrée : carte administrative

Carte administrative de l'Érythrée. 

Afficher

En 1897, les Italiens fixèrent la capitale de leur Colonia Eritrea à 2 350 mètres d'altitude, à 4 kilomètres du rebord des hautes terres. Ils la relièrent par un chemin de fer à voie étroite et une route panoramique au port de Massawa. Elle connut une rapide croissance lors de la conquête de l'Éthiopie (98 000 hab. en 1938). La ville européenne, au plan en damier, présente un ensemble remarquable de bâtiments coloniaux nouveau style, séparés des quartiers indigènes plus sommaires. Elle fut épargnée sous l'administration tant britannique (1941-1951) qu'éthiopienne (1952-1991). Les Éthiopiens y bâtirent une colossale cathédrale monophysite et concédèrent, de 1951 à 1977, la base de Kagnew aux États-Unis qui agrandirent l'aéroport international. Tout au long de la guerre d'indépendance, Asmara stagna (218 360 hab. en 1970, 275 395 hab. en 1984). Coupée de son arrière-pays par les fronts de libération (le Front de libération de l'Érythrée et le Front populaire de libération de l'Érythrée) qui l'assiégèrent de 1977 à 1979, puis de 1988 à 1991, elle échappa aux destructions, de même que durant le conflit de 1998-2000. Un axe de prestige est-ouest en forme de Y (viale Mussolini, avenue Haïlé Sélassié puis de la Libération), bordé d'hôtels, de cinémas et de commerces, traverse la ville européenne où sont installés le gouvernement, les ministères, le musée et l'université. Depuis l'indépendance (1993), la population afflue dans les quartiers précaires. Asmara, qui comptait 420 000 habitants en 2000, en compte sans doute 600 000 en 2007. Le gouvernement s'efforce de réhabiliter la ville coloniale et de résorber l'habitat de fortune. Il doit également faire face à un exode rural renforcé par le caractère centralisé et unitaire de l'État érythréen.

—  Alain GASCON

Écrit par :

  • : professeur des Universités, Institut français de géopolitique de l'université de Paris-VIII, membre du Centre d'études africaines, C.N.R.S., École des hautes études en sciences sociales, chargé de cours à l'Institut national des langues et civilisations orientales

Classification

Autres références

«  ASMARA  » est également traité dans :

ÉRYTHRÉE

  • Écrit par 
  • Alain GASCON, 
  • Roland MARCHAL
  •  • 5 510 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Le port et l'atelier, coupés de l'empire »  : […] Les Tigréens cultivent des céréales à l'araire sur les hautes terres du centre, prolongement des plateaux éthiopiens. Leur production est soumise aux aléas d'une pluviométrie irrégulière et à peine suffisante les bonnes années. Quelques cantons montagneux situés sur le rebord du rift et à la frontière éthio-érythréenne reçoivent des précipitations plus importantes. Le long des torrents qui dévalen […] Lire la suite

Les derniers événements

8-16 juillet 2018 Éthiopie – Érythrée. Signature d'une déclaration de paix et de coopération.

Asmara depuis la fin de la guerre qui a opposé son pays à l’Érythrée entre 1998 et 2000. Il déclare qu’« il n’y a plus de frontière entre l’Éthiopie et l’Érythrée ». En juin, Addis-Abeba avait offert de respecter l’accord de paix signé en 2000, ainsi que le tracé frontalier proposé par une commission internationale en 2002. Abiy Ahmed et le président […] Lire la suite

5-10 juin 2018 Éthiopie. Réformes internes et avancées diplomatiques.

Asmara, avait délimité la frontière avec l’Érythrée en avril 2002. Dans le même temps, le Premier ministre Abiy Ahmed, poursuivant sa politique de réformes, annonce l’ouverture du capital des entreprises publiques à des investisseurs privés, y compris étrangers. Il bouleverse ainsi l’ordre établi depuis la prise du pouvoir par le FDRPE en 1991 – il […] Lire la suite

5-18 juin 2000 Éthiopie – Érythrée. Signature d'un accord de cessez-le-feu

d'Asmara, une semaine après l'annonce de la fin des hostilités. Les deux pays ont engagé en mai 1998 un conflit frontalier qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts et un million de déplacés. Le 10, l'Érythrée annonce qu'elle accepte une proposition de l'Organisation de l'unité africaine (O.U.A.) qui prévoit l'instauration d'un cessez-le-feu […] Lire la suite

6-27 février 1999 Éthiopie – Érythrée. Reconquête par Addis-Abeba des territoires occupés par Asmara

Asmara accepte le plan de paix de l'Organisation de l'unité africaine présenté en novembre 1998 et accepté immédiatement par Addis-Abeba. Celui-ci prévoit le rétablissement de l'administration éthiopienne dans la région, le déploiement d'une force de paix sur la frontière, la démilitarisation de la région contestée et la délimitation de la frontière […] Lire la suite

Pour citer l’article

Alain GASCON, « ASMARA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/asmara/