CHAMSON ANDRÉ (1900-1983)

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le 6 juin 1900, à Nîmes, André Chamson avait deux ans lorsque sa famille vint habiter Alès : il y fut lycéen avant de l'être à Montpellier. Il passait ses vacances au Vigan, chez sa grand-mère, Sarah Aldebert. Ses randonnées dans le massif de l'Aigoual lui ont permis de s'imprégner d'une terre, d'un climat qui marqueront de façon indélébile ses œuvres à venir, à commencer par Roux le bandit (1925), roman d'un insoumis. André Chamson est alors à Paris. Il est sorti l'année précédente de l'École des chartes et vient d'épouser Lucie Mazauric, née à Anduze, comme lui d'ascendance huguenote, comme lui archiviste paléographe. Une fille leur naîtra, la future comédienne et romancière Frédérique Hébrard.

Déjà il s'apprête à résister au poids du passé et à la fatalité de l'Histoire. C'est le thème de son premier essai, L'Homme contre l'Histoire (1927), où il oppose Mistral à Maurras, voire à Barrès, une réalité vivante et charnelle à une abstraction nationale.

Il lui faut un « second métier » : attaché à la Bibliothèque nationale, il est nommé chef adjoint du cabinet d'Édouard Daladier, ministre de l'Instruction publique. En 1927, le bibliothécaire de la Chambre des députés l'appelle pour le seconder. De son côté, sa jeune femme entre à la Conservation du Louvre ; elle deviendra par la suite conservateur des archives des musées nationaux.

Dès qu'il le peut, Chamson vient se retremper dans sa vieille maison des Bressous, sur les flancs de l'Aigoual – âpre décor des récits qui, avec Roux le bandit, composeront, de 1925 à 1935, la Suite cévenole. En 1933 la menace se précise. Il fonde en 1935, avec Jean Guéhenno et Andrée Viollis Vendredi, qui sera pendant trois ans l'hebdomadaire du Front populaire. D'André Gide à Jacques Maritain, Vendredi rassemble les écrivains conscients des mêmes dangers. À leurs côtés, en compagnie d'André Malraux, on le voit notamment au Congrès des écrivains pour la défense de la culture. Malraux, à qui le lie une amitié de dix ans, Chamson le retrouve à Madrid, en 1937, dans les rangs des républicains espagnols, en pleine guerre civile. La sortie de son roman La Galère, inspiré par les récents événements, précède de peu, en 1939, le début de la Seconde Guerre mondiale. Capitaine de réserve, Chamson est mis à la disposition du général de Lattre de Tassigny. Après l'armistice de 1940, il retrouve en zone libre sa femme, chargée de mettre à l'abri les trésors du Louvre. En 1944, Chamson, qui a combattu avec les maquis du Lot, va donner toute sa mesure. Repliés dans le Sud-Ouest, qu'ils ont contribué à libérer, les maquisards alsaciens et lorrains veulent poursuivre le combat jusqu'aux Vosges et à Strasbourg. Ainsi naquit, grossie d'autres renforts, la brigade Alsace-Lorraine, sous les ordres du « colonel Berger » (André Malraux) et du lieutenant-colonel Jacquot, le commandant André Chamson étant le chef d'état-major de liaison entre cette brigade et de Lattre de Tassigny. Ces épisodes héroïques seront évoqués dans La Reconquête (1975).

André Chamson n'avait rien voulu publier sous l'Occupation, à part les fragments du Puits des miracles (commencé en 1942), paru aux éditions clandestines de Minuit sous le pseudonyme de Lauter. Dès 1941, il s'était attelé au Dernier Village (1946), qui ne verra le jour, comme le précédent, que lorsqu'il pourra mener de pair ses travaux littéraires et ses nouvelles fonctions. Car il est nommé conservateur en chef du Petit Palais, un Petit Palais vide et dévasté. Il le remet en état, y réinstalle ses collections, organise de nombreuses expositions prestigieuses. Les charges inhérentes à ce poste ne ralentissent pas la reprise d'une œuvre romanesque qui a tendance à mettre en scène les destinées manquées, les illusions perdues des victimes de l'Histoire ou de quelque fatalité intérieure.

André Chamson entre à l'Académie française en 1956. Il jouera un rôle actif au sein de la compagnie, siégera dans les commissions, présidera, à partir de 1973, le collège des conservateurs du musée Condé, à Chantilly. En 1959, il quitte le Petit Palais pour l'hôtel de Soubise. Nommé directeur général des Archives de France, le chartiste se retrouve dans son élément premier. Il posera, le 22 novembre 1970, la première pierre du dépôt central des microfilms, au château d'Espeyran, acquis en 1964. À Fontainebleau est créée, en 1967, la cité des Archives contemporain [...]

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Jean-Marie DUNOYER, « CHAMSON ANDRÉ - (1900-1983) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/andre-chamson/