WELLS ALLAN (1952- )

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Athlète britannique. Allan Wells sut saisir sa chance lors des jeux Olympiques de Moscou en 1980. Profitant du forfait des Américains pour cause de boycottage décidé par le président Jimmy Carter à la suite de l'invasion de l'Afghanistan par les troupes soviétiques, il devint champion olympique du 100 mètres. Margaret Thatcher, Premier ministre britannique, s'était certes alignée sur la position américaine, mais elle avait laissé les athlètes libres de se rendre à Moscou ou non – en effet, c'était le Comité olympique britannique et non le gouvernement qui finançait et gérait l'envoi des sportifs aux Jeux. Interrogé plus tard sur le sujet, Allan Wells déclara : « Si mon refus de me rendre à Moscou avait évité la mort d'une seule personne, je n'y serais pas allé. Mais je savais que ça n'aurait rien changé à ce qui se passait en Afghanistan. »

Fils d'un forgeron et d'une ravaudeuse de filets de pêche, Allan Wells est né le 3 mai 1952 à Édimbourg. Le jeune homme débute l'athlétisme par le saut en longueur avant de s'orienter vers le sprint. En 1978, il obtient la médaille d'argent sur 100 mètres et la médaille d'or sur 200 mètres aux Jeux du Commonwealth ; mais, la même année, il ne se classe que sixième du 100 mètres remporté par l'Italien Pietro Mennea aux Championnats d'Europe de Prague.

Alors ingénieur dans la marine à Édimbourg, il prend six mois de congé pour préparer les jeux Olympiques de Moscou au sein du meilleur groupe d'athlètes de Grande-Bretagne. Pour la partie technique, il est conseillé par son épouse. L'athlète doit notamment s'habituer à l'usage des starting-blocks, rendus obligatoires par la Fédération internationale d'athlétisme amateur (I.A.A.F.) peu avant les Jeux de Moscou.

Malgré l'absence des Américains, et notamment de Stanley Floyd et James Sanford, les meilleurs sprinters de l'époque, Wells ne fait pas partie des favoris du 100 mètres. Les suffrages des spécialistes vont plutôt au Cubain Silvio Leonard et à Pietro Mennea. Tétanisé par l'enjeu, Mennea se voit éliminé en demi-finale. En finale, Wells court au couloir numéro 8, Leonard au numéro 1. Les deux hommes se détachent après 60 mètres de course et se jettent ensemble sur la ligne d'arrivée. Ils sont crédités du même temps (10,25 s), mais, après examen de la photo-finish, Allan Wells est déclaré champion olympique. Il peut laisser éclater sa joie, fier d'être le premier athlète écossais champion olympique depuis la victoire sur 400 mètres d'Eric Liddell aux Jeux de Paris en 1924. Quelques jours plus tard, il est en finale du 200 mètres. Il prend le meilleur départ et, jusqu'à 10 mètres de l'arrivée, semble en mesure de glaner une seconde médaille d'or. Mais Mennea le déborde et s'impose (20,19 s, contre 20,21 s pour Wells).

Wells remporte deux médailles d'or (100 et 200 m) aux Jeux du Commonwealth en 1982, mais la suite de sa carrière n'est marquée par aucun résultat probant : quatrième des 100 et 200 mètres aux Championnats du monde d'Helsinki en 1983 ; élimination en demi-finale du 100 mètres aux jeux Olympiques de Los Angeles en 1984 ; cinquième des 100 et 200 mètres aux Championnats d'Europe de Stuttgart en 1986.

Ingénieur, il s'orientera plus tard vers la recherche environnementale et sera ambassadeur pour les Jeux de Londres en 2012.

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pierre LAGRUE, « WELLS ALLAN (1952- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/allan-wells/