GONZÁLEZ IÑÁRRITU ALEJANDRO (1963-    )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Une trilogie

En 2000, il se fait connaître sur la scène internationale avec Amours chiennes (Amores perros), film de plus de deux heures trente dont le déroulement torrentiel donne une sensation de fresque moderne. Acclamé comme un jeune prodige, couvert de prix internationaux, Iñárritu est alors accueilli à Hollywood. On peut y voir un réflexe de culpabilité de la part d’une industrie cinématographique opulente à l’égard d’une production nationale voisine mais rare. Alfonso Cuarón et Guillermo del Toro, qui appartiennent à la même génération, bénéficieront de pareille ouverture. Chacun possédait déjà un style, parfois en gestation, et une thématique. De ces trois metteurs en scène, Iñárritu est celui qui semble rester le plus obstinément fidèle au choix formel du film qui l’avait révélé : plusieurs récits apparemment parallèles qui se révèlent appartenir à une même trame et, au final, une obsession de la prédestination qui engendre une interrogation quasi métaphysique. Amours chiennes, 21 grammes (21 Grams, 2003) et Babel (prix de la mise en scène au festival de Cannes 2006) utiliseront le même procédé avec l’ambition d’en élargir la portée : 21 grammes introduit une dimension latino-américaine au cœur d’un appareil fictionnel américain, et Babel ajoute une dimension supplémentaire en étendant sa géographie au Maroc et au Japon. Observant que la même forme narrative se retrouvait quand Guillermo Arriaga, scénariste des trois films, travaillait avec d’autres cinéastes (comme Tommy Lee Jones pour Trois Enterrements, 2005), avant de réaliser seul Loin de la terre brûlée (2008), une certaine critique crut pouvoir avancer qu’Iñárritu se contentait de mettre en images la pensée d’Arriaga. Le fait que Amours chiennes, 21 grammes et Babel se signalaient par une énergie et un sens de la chair dont Loin de la terre brûlée, par exemple, était dépourvu ne semble guère avoir été pris en considération.

[...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : historien du cinéma, maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, rédacteur à la revue Positif

Classification


Autres références

«  GONZÁLEZ IÑÁRRITU ALEJANDRO (1963- )  » est également traité dans :

DEL TORO GUILLERMO (1964-    )

  • Écrit par 
  • Christian VIVIANI
  •  • 1 108 mots
  •  • 1 média

populaires aussi bien que cinéphiles, nous montre que le réalisateur Guillermo del Toro représente, avec ses amis et collègues Alfonso Cuarón et Alejandro González Iñárritu – affectueusement réunis sous le nom de Tequila Gang, une appellation que del Toro reprendra pour l’une de ses compagnies de production –, le renouveau du cinéma mexicain […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guillermo-del-toro/#i_56823

DI CAPRIO LEONARDO (1974-    )

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 864 mots

Unchained, 2012) et Baz Luhrmann à nouveau (The Great Gatsby [Gatsby le Magnifique], 2013). Son impressionnante prestation dans The Revenant, d’Alejandro González Iñárritu, lui vaut de recevoir l’oscar du meilleur acteur en février 2016 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/leonardo-di-caprio/#i_56823

Pour citer l’article

Christian VIVIANI, « GONZÁLEZ IÑÁRRITU ALEJANDRO (1963-    ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alejandro-gonzalez-inarritu/