2666 (R. Bolaño)

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Roman posthume de l'écrivain chilien Roberto Bolaño, 2666 (trad. franç. R. Amutio, Christian Bourgois, 2008), a été salué par la critique internationale comme un des événements littéraires du début du xxie siècle. Des conditions particulières ont présidé à son édition sous la forme que l'on connaît aujourd'hui. Informé de son état de santé extrêmement précaire – il mourut en juillet 2003 à Barcelone dans l'attente d'une greffe du foie, à l'âge de cinquante ans –, Roberto Bolaño avait prévu de publier séparément cinq livres de longueur différente afin de faire profiter ses deux enfants, auxquels le livre est dédié, de droits d'auteur plus substantiels. Avec l'accord de la famille, les éditeurs espagnols et étrangers du livre ont privilégié l'édition en un seul volume du texte, désormais divisé en cinq parties qui communiquent entre elles par une série de rappels, d'anecdotes, de lieux et de personnages communs.

Roberto Bolaño

Photographie : Roberto Bolaño

Photographie

En quelques œuvres, de La Littérature nazie en Amérique (1996) à 2666 (2004), en passant par Les Détectives sauvages (1998), le romancier chilien Roberto Bolaño a donné un nouvel élan à la littérature d'Amérique latine. 

Crédits : Pilar Aymerich/ Album/ AKG-images

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Deux éléments particuliers, deux pôles, instaurent des points de repères dans ce roman fourmillant, qui oscille entre le rire et l'horreur, et passe de l'érudition gratuite et volontairement pédante à l'onirisme halluciné, du réalisme glacé à la satire féroce de certains milieux intellectuels : d'un côté, la trajectoire existentielle et littéraire d'un écrivain allemand au nom improbable, Benno von Archimboldi, que, comme dans un superbe roman précédent, Les Détectives sauvages, certains lecteurs et exégètes vont frénétiquement rechercher ; de l'autre, une ville fictive de l'État mexicain du Sonora, Santa Teresa, à la frontière des États-Unis, que l'on identifie rapidement avec la ville bien réelle de Ciudad Juárez, qui défraie la chronique depuis des années en raison d'innombrables meurtres de femmes, pour la plupart non élucidés.

Le titre du livre est lui aussi un facteur d'unification et de cohérence : le chiffre 666 est une évidente allusion biblique, et plus précisément à l'Apocalypse, où il annonce l'irruption de la Bête, du mal absolu, reliant par la même occasion le dernier roman de Bolaño avec l'ensemble [...]


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Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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Claude FELL, « 2666 (R. Bolaño) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/2666-r-bolano/