Enfant, Garrison commence trop tôt à travailler pour pouvoir poursuivre des études. Devenu apprenti imprimeur à l'âge de quatorze ans, il se découvre très vite un talent d'écrivain et entreprend dans le même temps sa propre éducation. Il rallie bien vite la cause de l'abolitionnisme, dans laquelle cet homme généreux se lance à corps perdu. La plupart des abolitionnistes soutenaient alors une émancipation graduelle des esclaves et un retour à l'Afrique. Garrison estime qu'il serait vain de rejeter la responsabilité de l'esclavage sur les générations antérieures et de ne prévoir son extinction qu'à long terme. Il réclame donc l'émancipation immédiate, les anciens esclaves devant jouir des mêmes droits que les autres hommes libres, sur le sol même des États-Unis. Une position aussi radicale lui vaut maints ennuis. C'est ainsi qu'en 1835 il manque d'être lynché par une foule ameutée contre lui, à Boston. Cette ville avait la réputation d'être libre de tout préjugé racial, mais n'en poursuivait pas moins un commerce extrêmement fructueux avec le Sud. En 1831, Garrison y crée son journal, le Liberator, qui ne cessera d'être publié que lorsque la « cause » l'aura emporté. En 1833, il participe à la création de la Société américaine antiesclavagiste ; il anime son action, et la préside de 1843 à 1865. Le président Lincoln ayant proclamé l'émancipation, et un amendement constitutionnel ayant définitivement aboli l'esclavage, Garrison arrête en 1865 la publication du Liberator, grâce auquel il a largement contribué à répandre la doctrine antiesclavagiste. Garrison est aussi un pacifiste qui soutient de multiples causes — tempérance, égalité des sexes — et n'hésite pas à critiquer les Églises pour ce qu'il estime être leur manque de courage et de responsabilité politiques en ces domaines.
Marie-France TOINET
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