Vittorio Alfieri, dramaturge et poète italien, est né à Asti (Piémont) en 1749 et mort à Florence en 1803.
Descendant d'une ancienne famille de la noblesse piémontaise, il abandonne à dix-sept ans la carrière militaire pour courir l'Europe. Paris, La Haye, Vienne, Berlin, Saint-Pétersbourg, Londres, Lisbonne ouvrent son esprit au mouvement des « Lumières », en même temps qu'ils lui découvrent ce qui sera le moteur essentiel de son œuvre : la haine de la « tyrannie » sous toutes ses formes, et le culte de la liberté individuelle. De retour en Italie, Alfieri se voue tout entier à la littérature, se donnant pour tâche d'offrir à l'Italie le théâtre tragique qui lui manque, afin de secouer l'inertie de ses compatriotes en leur rappelant leur passé glorieux. En une dizaine d'années d'une activité littéraire intense, entre 1775 et 1786, il écrit et publie vingt tragédies, qui lui assurent le premier rang dans l'histoire du théâtre tragique en Italie et qui susciteront l'admiration des plus grands écrivains de l'époque préromantique et romantique, de Goethe à Byron.
1. Un théâtre de terreur et de passion
Toutes ces tragédies, à l'exception de Myrrha, développent un thème identique, analysé dans son traité politique De la tyrannie (1777) : la lutte du héros contre le tyran, l'exaltation des vertus héroïques de l'individu contre toutes les formes d'oppression. Pour servir son propos, Alfieri puise son inspiration dans les domaines les plus variés.
La mythologie grecque lui fournit le sujet de deux diptyques : le premier, qui comprend Polynice et Antigone, développe de façon personnelle le cycle thébain ; le second, avec Agamemnon et Oreste, emprunte au cycle d'Argos le meurtre du Roi des rois et la vengeance d'Oreste.
Une autre source importante de son inspiration se trouve chez les historiens grecs et latins, en particulier Plutarque, qu'Alfieri lisait « avec fureur », parce qu'il y trouvait des préoccupations morales proches des siennes et des héros à sa mesure. On doit à sa lecture des historiens antiques […]
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