Signé entre Lothaire ier, Charles le Chauve et Louis le Germanique, le traité de Verdun règle la succession de leur père, l'empereur Louis ier le Pieux, qui avait réussi tant bien que mal à maintenir uni, de 814 à 840, le grand Empire que lui avait légué son propre père, Charlemagne. Entre 840 et 843, Lothaire a tenté de s'imposer comme empereur au titre des droits que Louis le Pieux lui avait accordés en 817 (Ordinatio Imperii), mais ses deux frères se sont alliés contre lui et l'ont défait à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye (juin 841), puis ont renforcé leur alliance par les Serments de Strasbourg (14 février 842). Ces « serments » sont le témoin conservé le plus ancien du développement des langues nationales, puisqu'ils ont été rédigés et prononcés en « français » et en « allemand ». Lothaire doit négocier et les trois frères signent alors le traité de Verdun qui divise l'Empire en trois grands ensembles : à l'ouest, la Francie occidentale est attribuée au roi Charles le Chauve ; au centre, une longue et étroite bande de territoire (la Lotharingie) comprenant Aix-la-Chapelle et Rome revient à Lothaire avec le titre d […]
