D'une famille aisée qu'il évoque dans son premier roman en partie autobiographique, L'Âme recommencée (1933), Tawfīq al-Ḥakīm est né à Alexandrie en Égypte, vers 1898. En 1924, il obtient une licence de droit. Son père, juriste, l'envoie poursuivre, de 1924 à 1928, ses études à Paris. Là, Tawfīq al-Ḥakīm vit passionnément l'expérience scénique de Dada et des surréalistes. À son retour, en 1928, il devient fonctionnaire, attaché au parquet des tribunaux mixtes et, en 1929, « substitut de campagne », puis fonctionnaire au ministère de l'Instruction publique (1933), et enfin directeur du Département de l'orientation sociale (1939). Mais, en 1943, il démissionne de la fonction publique pour se consacrer à l'écriture. Il accepte toutefois, en 1951, la charge de conservateur général de la Bibliothèque nationale du Caire. En 1961, il reçoit le prix d'État de la littérature.
Après ses études universitaires à Paris, Tawfīq al-Ḥakīm avait abandonné la veine politique et sociale de ses premières œuvres et avait publié deux pièces de théâtre à la langue recherchée : Les Gens de la caverne (1933) et Schéhérazade (1934). Écrites, de l'aveu même de l'auteur, pour être lues plutôt que pour être jouées, ces deux œuvres ont pourtant le mérite d'avoir ouvert au théâtre arabe une voie nouvelle, située entre la tragédie noble, les adaptations mélodramatiques de pièces européennes et la comédie burlesque. À la phase « symboliste » d'entre les deux guerres va succéder une époque riche en œuvres scéniques et en recherches nouvelles : Pygmalion (1942) et Œdipe roi (1949) reprennent les grandes légendes de l'Occident pour illustrer des conflits d'idées ; Voyage vers demain (1957) et Le Jeu de la mort (1957) expriment la peur d'une technique destructrice dans un monde de robots. En 1960 paraît Le Sultan dans l'embarras, qui pose le problème de la loi et de la liberté. En 1962, Ô toi qui montes à l'arbre fait suite au voyage de l'auteur à Paris (1959-1960), où il a pu voir jouer les pièces de Ionesco, Beckett, Adamov... En 1963, […]
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