Le mot grec Tartaros (ou, au pluriel, ta Tartara) est sans doute, à l'origine, une onomatopée qui sert à marquer quelque chose d'effrayant ou de mauvais et qui est à rapprocher peut-être de Barbaros(« Barbare »). Par ce vocable, Homère et Hésiode s'accordent à qualifier un lieu qu'ils disent ténébreux : « Que mon ordre ne soit enfreint par aucun dieu, par aucune déesse, tonne Zeus dans L'Iliade (VIII, 13), [...] ou bien, le saisissant, mes mains le jetteront aux ténèbres du Tartare, très loin, au plus profond du gouffre souterrain dont la porte est de fer avec un seuil de bronze, aussi bas au-dessous de l'Hadès que le ciel est distant de la terre. » Quant à la Théogonie (119), c'est immédiatement après le Chaos et Gaia qu'elle nomme « le Tartare ténébreux au creux le plus profond de la terre aux vastes sillons ». C'est là que, selon la légende, les différentes générations divines précipitèrent successivement leurs ennemis. Ouranos y avait enfermé les premiers enfants qu'il avait eus de Gaia, les Cyclopes (Argès, Stéropès et Brontès). Ceux-ci en furent délivrés par Cronos et les Titans lorsqu'à l'appel de Gaia ils se révoltèrent victo […]
