La création à Paris de la Symphonie fantastique d'Hector Berlioz, le 5 décembre 1830, sous la direction de François Antoine Habeneck, est considérée comme la première date importante du romantisme musical en France. Dans cette œuvre, Berlioz fait éclater le moule classique de la symphonie en lui superposant un programme qu'il fait figurer en tête de sa partition : le compositeur y décrit les sentiments que lui inspirent la « personne aimée » – en l'occurrence l'actrice irlandaise Harriet Smithson, qui deviendra sa femme en 1833 –, symbolisée par un motif intitulé « l'idée fixe », présent dans chacun des cinq mouvements (Rêveries, passions ; Un bal ; Scène aux champs ; Marche au supplice ; Songe d'une nuit de sabbat). L'adjonction d'un mouvement supplémentaire au schéma classique de la symphonie, haydnienne ou beethovénienne, en quatre mouvements, représente déjà une nouveauté. Mais ce leitmotiv avant l'heure est encore plus important, car il constitue l'axe véritable d'une partition qui met en œuvre quantités de ressources instrumentales alors inusitées : l'effectif orchestral est plus développé que celui de Beethoven (cuivres, percussion, harpes), avec des effets d'écho en coulisse et un sens de la couleur auparavant inconnu. L'ensemble constitué par la Symphonie fantastique suivie du « mélologue » intitulé Lélio, ou le Retour à la vie porte le titre Épisode de la vie d'un artiste ; il est créé à Paris le 9 décembre 1832.
Son
Symphonie fantastique Hector Berlioz (1803-1869) «Un bal», deuxième partie de la Symphonie fantastique, op. 14 (1830) Orchestre de la philharmonie tchèque, direction Carlo Zecchi. Image: Hector Berlioz (1803-1869), par Ingres en 1824.
Crédits: Musique: © Koka Media
Image: © Hulton Getty Picture Collection
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Alain PÂRIS
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