Issu d'une famille d'érudits et d'hommes de lettres, Süleyman Çelebi (Čelebī) est protégé du sultan Bāyazīd Ier et de son successeur ; il est nommé imām du palais impérial et de la mosquée de Bursa (il mourra du reste dans cette ville). Süleyman doit son renom toujours actuel au succès de son Mevlit (La Naissance), composé en 1409. Cette œuvre religieuse est la première du genre écrite en turc ; pendant des siècles, elle a rejeté dans l'ombre tous les autres textes de même nature. De nos jours, c'est encore le poème de Süleyman Çelebi qui est récité lors des cérémonies officielles. Écrit en une langue très pure et accessible au peuple, le Mevlit célèbre la toute-puissance et la gloire du Prophète ; il est dirigé contre les sectes considérées comme hérétiques par la majorité sunnite des musulmans. Le prologue de l'œuvre implore Dieu et lui rend gloire, puis raconte la vie du Prophète (sa naissance, ses parents, ses miracles, son ascension, l'hégire, sa maladie et sa mort). Un panégyrique de Mahomet achève le poème : tout comme l'introduction, la fin est une louange à Dieu. La vaste popularité du Mevlit est due au culte fervent que l'on y voit développé, joint à une foi réelle et sincère du poète. Le poème se situe à mi-chemin entre la légende et l'histoire, mais aussi entre la théologie et un art d'une grande beauté plein d'émotion vraie. Il a souvent été plagié.
Gayé PETEK-SALOM
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