Fils de négociants, Sébastien Faure se prépare à entrer dans les ordres. Des revers de fortune et la mort de son père changent le cours de sa vie. Militant socialiste en 1885, il est candidat du Parti ouvrier français aux élections législatives de Bordeaux, puis se tourne vers le mouvement anarchiste dont il devient l'un des leaders. Opposé à la fois à l'anarcho-syndicalisme et à la propagande par le fait des terroristes, il met l'accent sur le rôle de la coopération et de l'action éducative. Orateur de talent, il effectue de nombreuses tournées de conférences. En 1895, il est parmi les fondateurs du journal Le Libertaire, qu'il finance en grande partie grâce au produit de ses conférences, et dans lequel il manifeste un antisyndicalisme virulent. Impliqué dans les procès de l'année 1894, il est acquitté. En 1889, il abandonne Le Libertaire pour créer, avec Émile Pouget, un journal dreyfusard, Le Journal du peuple (1899) ; il reprendra Le Libertaire peu après. En 1904, il achète, près de Rambouillet, une propriété où il fonde une école libertaire, La Ruche, qu'il maintiendra jusqu'en 1914 ; Faure estime que « l'éducation doit prouver par le fai […]
