C'est la mobilité qui caractérise le mieux la vie et l'œuvre de Sébastien Bourdon. Il est envoyé très jeune de Montpellier — sa ville natale — à Paris comme apprenti peintre, et son adolescence se passe dans les ateliers de différentes villes, de Bordeaux à Toulouse et à Rome où il arrive en 1634. Ses biographes sont unanimes à vanter sa précoce virtuosité et son génie des pastiches qui le rendent célèbre : avant d'avoir vingt ans, Bourdon peint, pour gagner sa vie, des Claude Lorrain, des Pieter van Laer (le « Bamboche »), des Poussin, des Castiglione. Le succès est immédiat. Tout ce que la peinture romaine compte de genres, de tempéraments a été connu, compris, comme « digéré » par ce jeune homme naturellement porté vers les scènes réalistes, au coloris raffiné — reflet de l'atmosphère artistique romaine si riche vers 1630. Mais il doit rentrer à Paris en 1637, car il est calviniste et menacé par l'Inquisition. Pour la clientèle parisienne, il se met à peindre des bambochades « selon le goût français, où la misère n'est pas exempte d'une certaine distinction » (Charles Sterling, Catalogue de l'exposition Le XVIIe Siècle européen, Rome 1956-1957), comme dans […]
