2. La Cédille qui sourit et La Fête permanente
Robert Filliou se rapproche de l'esprit Fluxus (il fait la connaissance d'Emmett Williams et de George Maciunas), sans toutefois totalement y adhérer. Installé à Villefranche-sur-Mer, il ouvre en 1965 avec George Brecht un atelier-boutique : La Cédille qui sourit.
« On faisait des jeux, on inventait et „désinventait“ des objets, on était en contact avec les petits et les grands, on buvait et parlait avec les voisins, on produisait des poèmes à suspense et des rébus qu'on vendait par correspondance. On a commencé une anthologie des malentendus et des blagues à partir desquels on a fait des films, avec des scénarios d'une minute... » La fin des activités de La Cédille qui sourit (1968) ouvre sur la création d'« Eternal Network », « La Fête Permanente » : « L'artiste doit se rendre compte qu'il fait partie d'un réseau plus vaste, de la „Fête Permanente“ qui l'entoure partout et ailleurs dans le monde. Pour changer, nous allons aussi annoncer des fêtes, des noces, et des divorces comme spectacles, et aussi bien des débats judiciaires, des funérailles, le travail dans les usines, des tours de ville, des manifestations pour les Noirs et contre le Vietnam, les bistrots, les églises, etc. » En 1967, Robert Filliou s'installe à Düsseldorf où il rejoint Daniel Spoerri et Dieter Roth. C'est à cette époque qu'il élabore le concept de « création permanente » lié au « Principe d'équivalence : Bien-fait/Mal-fait/Pas-fait » (galerie Schmela, Düsseldorf, 1969). « Je parle beaucoup de la Création Permanente et j'essaie de la rendre accessible aux autres. Mais il y a quelque chose que j'estime être le secret relatif de la Création permanente, c'est ce qui suit : quoi que tu fasses, fais autre chose. En français cela s'appelle l'Autrisme. Comme je ne supporte pas les „ismes“ j'en ai fait un par ironie. »
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