Physiologiste qui découvrit en 1827 le phénomène d'osmose (passage de solvant à travers une membrane semi-perméable) et fut le premier à reconnaître l'importance de la chlorophylle lors de l'utilisation du dioxyde de carbone par les cellules végétales (1837).
Fils d'un riche gentilhomme ruiné par la Révolution française, Dutrochet combattit dans les rangs des royalistes dans le Maine et, ayant été amnistié, il revint étudier à Paris où il obtint un diplôme de médecin en 1806. Il servit comme médecin militaire en Espagne pendant plusieurs années, mais y contracta la typhoïde. Revenu en France pour se rétablir, il exerça à nouveau la médecine tout en poursuivant des recherches scientifiques. Dutrochet consacra ses premières expériences à la physiologie humaine et à l'embryologie. Très opposé au vitalisme, il s'efforça de démontrer la similitude des fonctions biologiques des plantes et de celles des animaux, de telle sorte que la plupart de ses travaux se portèrent sur la physiologie comparée, montrant l'universalité des échanges gazeux chez les êtres vivants et soulignant la généralité de la structure cellulaire. Il fut l'un des pionniers de la technologie physiologique en construisant son osmomètre (dispositif pour mesurer la pression osmotique) et en utilisant la technique des couples thermoélectriques pour déceler la production de chaleur dans le tissu musculaire et chez certains végétaux : « Il n'y a qu'une seule physiologie, disait-il, science du fonctionnement des êtres vivants », affirmation fondée sur sa conviction que les phénomènes vitaux peuvent être expliqués en termes d'activités physiques et chimiques. C'est ainsi qu'il expliquait, dès 1822, les mouvements de veille et de sommeil des feuilles par des variations d'hydratation, et interprétait plus tard (1832) l'orientation de la croissance de certains organes végétaux en milieu anisotrope (tropismes).
Universalis
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