Réactions immunologiques positives entre les antigènes A et les anticorps anti-B, et inversement entre les antigènes B et anticorps anti-A de deux complexes antigéniques A et B. De telles réactions ne sont pas exceptionnelles, malgré la spécificité de l'union antigène-anticorps.
Les premières réactions croisées observées concernent des bactéries d'espèces voisines ; elles s'expliquent facilement, car une bactérie ne contient pas un seul antigène, mais une véritable « mosaïque d'antigènes ». Lorsqu'on immunise un animal en lui injectant des cellules microbiennes entières, il réagit en produisant de multiples anticorps dirigés contre tous les antigènes injectés. Si deux bactéries possèdent dans leur mosaïque un antigène identique, les immunsérums obtenus chez l'animal donneront une réaction croisée entre ces deux bactéries. Ce phénomène s'observe, par exemple, chez les salmonelles : le bacille de la fièvre typhoïde (bacille d'Eberth) et le bacille paratyphi B ont en commun un de leurs antigènes. Le sérum d'un malade atteint de fièvre typhoïde agglutinera donc, non seulement les bacilles d'Eberth, mais aussi le paratyphi B, rendant parfois délicate l'interprétation du sérodiagnostic de la maladie. Puis on a mis en évidence l'existence de réactions croisées entre deux antigènes réellement différents, mais possédant sur leur molécule des déterminants antigéniques identiques ou voisins ; la réaction croisée sera d'autant plus faible que la parenté est moins étroite entre ces sites déterminants. Les méthodes de précipitation en milieu gélifié, en plaque et en cuve à faces parallèles, se prêtent bien à l'étude des parentés structurales qui peuvent exister entre divers antigènes.
Jacques BEJOT
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