Genre musical illustré pour la première fois sous cette dénomination par Liszt, et désignant une œuvre orchestrale déterminée au point de vue de la conception et de la structure par un argument extérieur d'ordre poétique, descriptif, pittoresque, légendaire, philosophique. Ainsi conçu, il correspond aussi bien à certaines tendances générales du xixe siècle — spéculations philosophiques et littéraires, éveil des nationalités — qu'à un désir des compositeurs de l'époque de dépasser les formes « abstraites » (forme sonate en particulier) héritées du classicisme ; il traduit un souci d'expression plus que d'architecture, et définit la musique « à programme » par opposition à celle dite « pure ». En fait, on peut aussi le rattacher à la fameuse phrase de Wagner sur l'impossibilité de continuer à composer des symphonies après Beethoven, et observer à son propos que Liszt tient surtout à montrer non pas que la forme est sans importance, mais qu'elle doit être reliée à une idée poétique et non à un schéma établi à l'avance. Il y réussit dans la mesure où, justement, parmi ses treize poèmes symphoniques, d'inspiration fort diverse, se trouvent certaines des pages form […]
