Aujourd'hui, en photographie comme dans les autres arts, les images rigoureusement nouvelles sont aussi rares que sont infinies les variations sur des modèles anciens. Pierre Cordier est sans doute un des seuls créateurs à avoir produit une image que nul n'avait contemplée auparavant.
Né en 1933 à Bruxelles, Pierre Cordier entame une carrière de photographe professionnel qu'il abandonnera en 1967. Il invente en 1956 ce qu'il appellera le « chimigramme ». Ami de Georges Brassens, qui préface le catalogue de son exposition à la Bibliothèque nationale de Paris en 1979 et auquel il consacre un livre de photographies et de souvenirs en 1998, Cordier avait rencontré quelques photographes illustres comme Otto Steinert (un des fondateurs de la Subjektive Fotografie) en 1958, dont il suit les cours à Sarrebruck, et Aaron Siskind en 1977, qui le marque profondément. Depuis 1965, il enseigne à l'École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre, à Bruxelles.
Le « chimigramme » combine la physique de la peinture (vernis, cire, huile) et la chimie de la photographie (émulsion photosensible, révélateur, fixateur), sans recours à l'appareil photographique ni à l'agrandisseur […]
