Promoteur de la musique algorithmique, Pierre Barbaud aimait déclarer : « Je suis né un 10 octobre au xxe siècle. »La musique algorithmique est un mode de composition au moyen de l'informatique sur les bases de la musique sérielle. La liberté créatrice du musicien se situe uniquement au départ de la composition dans le choix des données du possible proposées à celle-ci, les solutions fournies par la machine ne devant pas être discutées, étant entendu que « jamais un homme de génie, si exceptionnel soit-il, ne remplacera une machine électronique ». Les machines Bull ont prêté leur concours et leurs installations pour la mise en route des premières expérimentations du Groupe de musique algorithmique de Paris ; dix programmes (sous le nom symbolique d'Algol) sont ainsi proposés par Pierre Barbaud en 1958. Postérieures à celles-ci, les tentatives de Xenakis se feront, elles, à partir de machines I.B.M. En choisissant, vers 1950, d'introduire « la pensée mathématique et les méthodes qui en découlent dans la composition musicale », Pierre Barbaud se situe bien comme un homme du xxe siècle. C'est à partir d'expériences sur la musique de film et en participant à Hiroshima mon amour et à L'Année dernière à Marienbad, les films d'Alain Resnais, qu'il a pu préciser ce projet mathématique et musical qui tend aussi bien à canaliser le hasard qu'à discipliner l'inspiration. Pierre Barbaud a enseigné l'informatique musicale au Conservatoire de Paris (1977-1978).
Outre les musiques composées suivant la méthode algorithmique (Variations heuristiques, Cogitationes symbolicae I et II, Lumpenmusik), Pierre Barbaud a écrit plusieurs ouvrages scientifiques traitant de ces problèmes, parmi lesquels : Initiation à la composition musicale automatique (1966) et La Musique, discipline scientifique (1968).
Brigitte MASSIN
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