Paul Verlaine (1844-1896) publie Parallèlementà Paris, chez Léon Vanier, en 1889. Ce sera l'un des derniers grands recueils du poète, qui n'a plus que sept ans à vivre. Réduit à une misère noire depuis la mort de sa mère, trois ans plus tôt, détruit par l'alcool, il multiplie les séjours dans les hôpitaux. Sa poésie est pourtant reconnue depuis peu. Il est même devenu, à son corps défendant, un maître que se disputent décadents et symbolistes.
Dans l'esprit de son auteur, ce volume,dont le projet remonte à 1885, s'inscrit dans un ensemble pensé et signifiant : « „Parallèlement“ à Sagesse, Amour et aussi à Bonheur qui va suivre et conclure » (Préface de l'édition de 1889). Au cœur de cette tétralogie de la conversion, le recueil est censé faire pendant aux trois autres, et notamment à Amour, dont il est contemporain : ainsi, dans l'Avertissement de l'édition de 1894, Verlaine le présente-t-il comme « l'enfer de son Œuvre chrétien ». Il s'agirait donc ici d'évoquer la « part maudite », de se livrer à la « confession de bien des torts sexue […]
