2. Les débuts à la Shōchiku
Après avoir échoué à l'examen d'entrée à l'école supérieure de commerce de Kobé et être resté un an auxiliaire dans une école primaire, Ozu entre, contre la volonté paternelle, à la Shōchiku en 1923. Assistant-caméraman, il ne cesse de parler technique de réalisation : nourri de films occidentaux, il est surtout préoccupé par la continuité narrative du film. Poussé par ses collègues, il devient très vite assistant-réalisateur. Il choisit ensuite d'être celui d'Okubo Tadamoto, fabricant à la chaîne de comédies fondées sur le « non-sense » et inspirées par les burlesques américains. L'humour d'Ozu semble être là parfaitement employé, dans une recherche incessante de gags. Cependant, sa carrière commencera sous le signe du film historique : il réalise en 1927 Le Sabre de pénitence d'après un film de Georges Fitzmaurice, Kick in (1916). Ce fut aussi la première collaboration de son scénariste attitré, Noda Kōgō.
Refusant d'aller à Kyōto, où devaient se tourner désormais tous les jidai-geki (films historiques), il se spécialisera, selon la logique de la production japonaise, dans le gendai-geki (drames contemporains). Il en réalisera jusqu'à la fin de sa vie, avec les mêmes collaborateurs – le scénariste Noda Kōgō, l'opérateur Shigehara Hideo – et les mêmes acteurs – avant-guerre : Saito Tatsuo, Tokkan Kōzo, Okada Tokihiko, Tanaka Kinuyo, Sakamoto Takeshi ; après-guerre : Ryu Chishu, Hara Setsuko, Saburi Shin, Sada Keiji, Nakamura Ganjiro.
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