L'histoire de la région du Ouaddaï située dans l'actuelle république du Tchad reste inconnue jusqu'à la fin du xve siècle. À cette époque, les Arabes Tūnjūr, venant du Dār Fūr, s'emparent du pays et y règnent à peu près un siècle. Ils en sont chassés par une révolte des habitants dirigée par un prince d'origine étrangère. Ce prince, ‘Abd al-Karīm, peut être considéré comme le fondateur du royaume du Ouaddaï. Les explorateurs allemands Heinrich Barth et Gustav Nachtigal situent son avènement, le premier en 1611, le second en 1635. Il serait issu de la tribu des Djaliya, établie à Chendi, au nord de Khartum. Al Tūnsi l'apparente aux familles régnant alors au Dār Fūr et au Kurdufan.
Carte
Tchad Carte politique du Tchad
Crédits: 2005 Encyclopædia Universalis France S.A. Consulter
‘Abd al-Karīm, s'appuyant sur les Arabes Mahamid et sur les Mabas autochtones, tue le dernier roi tūndjūr, Daoud, et fonde une nouvelle capitale à Ouara. Il entreprend l'islamisation du pays. Le royaume du Ouaddaï reste tributaire du Dār Fūr jusqu'au roi Djoda (1747-1795), qui libère son pays du tribut et agrandit son territoire en annexant la partie orientale du Kanem. Au xixe siècle, le Ouaddaï exerce, conjointement ou concurremment avec le Bornou, son protectorat sur le Baguirmi. À l'est, il établit son hégémonie sur le Dār Tama et, au sud, sur le Dār Kūti et le Dār Rūnga. Vers 1846, les Ouaddaïens interviennent au Bornou et étendent leur suzeraineté sur les Dazas du Borkou et du Soro. Vers 1890, le Ouaddaï doit lutter contre l'influence grandissante du mahdī. Au même moment, Rabah lui enlève le Dār Kūti et le Dār Rūnga, à la tête desquels il place le sultan Muḥammad ibn ‘Alī al-Sanūsī.
Afin de mieux résister à la pénétration française, le sultan Yūsuf s'allie à la Sanūsiyya. Mais Abéché est pris par les Français en 1909 et le Ouaddaï incorporé aux territoires militaires du Tchad en 1912. La circonscription actuelle du Ouaddaï correspond à peu près aux limites du royaume. Elle couvre plus de 150 000 kilomètres carrés. La capitale est Abéché qui a supplanté, depuis le milieu du xixe siècle, l'ancienne Ouara située à 40 kilomètres au nord.
Alfred FIERRO
Retour en haut



