Définition et classification des maladies. L'idée de classer les maladies à l'instar des espèces animales et végétales apparut au xviiie siècle sous l'influence des travaux de Linné (Boissier de Sauvages, 1731 ; Robert James, 1743).
Les dermatologues, à la suite de R. William (1757-1812), en Grande-Bretagne, et de J. L. Alibert (1768-1837), en France, poussèrent si loin cet effort qu'un certain nombre de dermatoses ont encore des noms conformes à la nomenclature binaire des naturalistes : Molluscum contagiosum, Xeroderma pigmentosum, par exemple.
Mais les maladies ne sont pas des espèces, contrairement à ce que soutint une école « nosologiste » ou « essentialiste » ; leur nomenclature est pragmatique et leur délimitation arbitraire ; c'est ainsi qu'on parle de plus en plus de syndromes, de perturbations de fonctions et de lésions biochimiques.
En attendant, les traités de médecine contemporaine renoncent aux vieilles classifications (de Vogel, Cullen, Sagar, Plouquet, Pinel, Raige-Delorme) ; ils n'exposent pas simplement les affections suivant un ordre alphabétique, traitent des maladies soit suivant leurs étiologies et mécanismes (infection, intoxication, allergie, sclérose), soit par organes et grandes fonctions (cardiopathies, bronchopneumopathies, endocrinopathies...).
Georges TORRIS
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