Les maladies mentales désignent génériquement des pathologies dont les symptômes les plus apparents se situent au niveau des fonctions mentales du sujet. C'est dire qu'il peut s'agir aussi bien d'une maladie liée à une atteinte organique du cerveau, une démence par exemple, que d'un trouble du comportement lié à une anomalie fonctionnelle plus ou moins subtile telle qu'une perversion. Ce n'est pas sa cause qui fait qu'une maladie est mentale, c'est sa manifestation au niveau de la personnalité et des relations interhumaines. Une maladie d'origine essentiellement émotionnelle, donc psychique, peut se manifester uniquement au niveau des fonctions corporelles : on dit alors qu'elle est psychosomatique et non pas mentale. Les malades mentaux, eux, ont en commun de manifester leur maladie à un niveau fonctionnel particulier : celui du psychisme. On désigne sous ce terme l'ensemble des fonctions qui permettent à l'organisme à la fois de maintenir la constance du moi et d'établir avec le monde extérieur des échanges significatifs (sur le plan émotionnel et comportemental). Ce sont donc essentiellement des fonctions d'intégration capables de traduire en termes d'évolution la contradiction entre les exigences de l'être et celles du monde.
De multiples et subtils mécanismes d'adaptation et de défense permettent au sujet mentalement sain d'inventer les mille façons de devenir ce qu'il est, c'est-à-dire de rester lui-même tout en répondant par un comportement adapté aux frustrations et aux contraintes toujours nouvelles imposées par le milieu. Ces contraintes et ces frustrations sont une source d'enrichissement pour un « moi » pourvu de capacités d'intégration suffisantes. Elles peuvent être une cause de désagrégation de la personnalité dans le cas contraire.
Dans un milieu donné, la complexité et la rigueur des exigences peuvent se traduire par un développement des fonctions intellectuelles, mais aussi par une augmentation du nombre des malades mentaux. Tout se passe comme si le développement […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 8 pages…



