Né le 12 août 1907 à São Martinho de Anta, dans la province de Trás-os-Montes, dans une famille de paysans, Miguel Torga gardera toujours l'empreinte de sa terre natale, âpre et rude. De son vrai nom Adolfo Correia Rocha, il choisit en 1934 pour pseudonyme un mot qui désigne une bruyère sauvage, auquel il accole le prénom de Cervantès et Unamuno. Après cinq années passées au Brésil, où il est employé dans une fazenda du Minas Gerais, il reprend ses études au Portugal. Il sera d'abord médecin de campagne dans son village natal, puis, en 1939, il ouvrira un cabinet d'oto-rhino-laryngologiste à Coimbra. Il y demeurera désormais, se consacrant à sa profession et à son œuvre. Celle-ci comprend une cinquantaine de volumes : outre la poésie, sa vocation première, il publia des contes, des romans, des essais, des pièces de théâtre, son Journal.
Le lyrisme accompagne toute l'existence de Torga : “Je sais qu'il est une promesse dans l'acte de chanter”, disait-il. L'œuvre poétique compte une quinzaine de recueils, à partir de Anxiété (Ansiedade, 1928) et Rampe (Rampa, 1930). L'Autre Livre de Job (O Outro Livro de Job, 1936) est le cri de révolte que la créature lance à son créateur. Libération (Liberação, 1944) est un hymne à la vie saisie dans le flux des générations, tandis que Cantique de l'homme (Cântico do homen, 1950) chante l'avenir de l'humanité. Poèmes ibériques (Poemas ibéricos, 1965) évoque les figures de proue de l'Espagne et du Portugal dans la célébration de l'Ibérie.
Plus que dans le roman (Senhor Ventura, 1943), Torga excelle dans la nouvelle. Sa familiarité avec les lieux évoqués, son expérience de la souffrance et de la mort, la lucidité et la compassion avec lesquelles il raconte les drames ou les joies de ses personnages, toutes ces qualités s'allient dans ces histoires de vie où tout lecteur peut retrouver l'écho de ses passions, de ses peurs ou de ses désirs. Dans Arche (Bichos, 1940), onze nouvelles, sur quinze, sont des histoires d'animaux : à l'encontre de la convention de la fable, l'aute […]
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