Seul paysagiste hollandais du xviie siècle à pouvoir soutenir la comparaison avec Ruisdael, Meindert Hobbema doit sa redécouverte aux amateurs anglais du xixe siècle.
Son existence est très peu documentée. Né à Amsterdam, Meindert Lubbertsz adopta le surnom d'Hobbema et fut l'élève de Ruisdael vers 1660. En 1668, épousant une domestique du bourgmestre d'Amsterdam, il devient jaugeur des alcools à l'octroi municipal, modeste fonction qu'il occupa jusqu'à sa mort, en 1709, apparemment au détriment de son activité artistique.
Son œuvre est limitée à une sorte de répertoire spécialisé, des paysages touffus, qui n'ont ni le sens de la vision panoramique, ni la diversité de ceux de son maître Ruisdael, excepté dans un tableau de 1689, L'Allée de Middelharnis (National Gallery, Londres). Cette profonde perspective, traitée en teintes sourdes, impose un sentiment d'infini et de solitude qui la font considérer comme l'œuvre majeure de l'artiste.
Mais, si ses tableaux de jeunesse, essentiellement des paysages de bord de l'eau, et son thème favori, les moulins à eau (Londres, Amsterdam, Toledo, musée du Louvre) reprennent étroitement des compositions de Ruisdael, la couleur et l'organisation spatiale se diversifient peu à peu à l'intérieur de cette fidélité au maître. Jeux de contrastes lumineux, exécution attentive des reflets argentés sur l'écorce des arbres, choix de coloris plus chauds, facture plus libre caractérisent alors ses paysages. Les personnages, souvent maladroitement exécutés, sont fréquemment l'œuvre d'autres artistes comme A. van de Velde, N. Berchem, B. Gael ou J. Lingelbach.
Bien que sans disciples, il fut imité par des peintres tels que Jan van Kessel ou Balthasar van Veen, et leurs œuvres prêtent à confusion ; en outre, de multiples faux sont attribués à Hobbema.
Jean-Marie MARQUIS
Retour en haut



