2. Une carrière exceptionnelle
Malgré toutes ses difficultés personnelles, Martina Navratilova avait commencé d'engranger les victoires, ses passionnants duels avec l'Américaine Chris Evert donnant une nouvelle impulsion au tennis féminin. En 1978, elle s'était imposée à Wimbledon face à sa rivale, à l'issue d'une partie palpitante (2-6, 6-4, 7-5), renouvelant sa victoire l'année suivante, face à la même adversaire. Le gazon anglais va devenir son domaine réservé, puisqu'elle remportera au total neuf fois le simple dames des Internationaux de Grande-Bretagne, dont six fois consécutivement (de 1982 à 1987), ce qui constitue le record absolu – l'Américaine Helen Wills Moody s'était imposée huit fois, entre 1927 et 1938. Elle inscrit également son nom au palmarès des Internationaux d'Australie (1981, 1983, 1985) et de France (1982, 1984). Mais la victoire qui demeure la plus chère à son cœur est celle qu'elle obtient aux Internationaux des États-Unis, en 1983, face à Chris Evert (6-1, 6-3). Pour l'immigrée tchécoslovaque, naturalisée depuis deux ans, cette consécration avait valeur de certificat d'adoption auprès de l'opinion publique américaine. Elle s'imposera encore trois fois à Flushing Meadows (1984, 1986, 1987).
En outre, contrairement à la plupart des meilleures joueuses de son temps, Martina Navratilova attache également de l'importance aux tournois joués en double : elle multiplie les succès, réalisant notamment le Grand Chelem en 1984, associée à l'Américaine Pam Schriver.
Martina Navratilova devient une femme heureuse et accomplie. Elle assume désormais son homosexualité, vit avec Judy Nelson, épouse d'un médecin et mère de deux enfants. Leur relation dure sept ans et permet à Martina d'accéder à la haute société à laquelle appartient Judy. En 1986, elle retourne pour la première fois en Tchécoslovaquie, pour disputer un match de Fed Cup avec l'équipe des États-Unis. Bien que la presse censurée par les dirigeants communistes de l'époque ait tenu la nouvelle quasi secrèt […]
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