Voix de la liberté dans la nuit de l'Occupation, pilier du programme de la B.B.C. “Les Français parlent aux Français” de l'été de 1940 à l'automne de 1943, sous son pseudonyme de Jean Marin, Yves Morvan a été, dans la guerre puis dans la paix, à la tête de l'agence France-Presse, le défenseur d'un journalisme libre.
Né le 24 février 1909 à Douarnenez (Finistère), ce fils d'officier de marine fit ses études à l'institution Saint-Sauveur de Redon. Après l'École navale et quelques années de service dans la Marine, Yves Morvan fut, dès 1935, correspondant à Londres du Journal. Il fut mobilisé sur place, à la mission franco-anglaise d'information, le 2 septembre 1939. Détaché au service français de la B.B.C. en juin 1940, il y proclama, le 21, sa certitude définitive que la patrie survivrait à ses malheurs. Sa foi invincible dans la victoire future irrigua ses commentaires de l'actualité militaire et politique. Durant quarante mois, la force de ses messages tint, à ses yeux, “à une improvisation ardente, à une spontanéité sans recherche et à l'écho [trouvé chez 80 % des Français, en un temps où] dans l'urgence, les émetteurs de radio valaient des corps d'armé […]
