Née le 23 décembre 1900, à Bègles, Marie-Jeanne-Lucie Bellon-Downey – future Marie Bell – ne semblait d'abord devoir s'intéresser qu'à la danse. Petit rat au Grand Théâtre de Bordeaux, c'est en Angleterre qu'elle fait, à treize ans, ses vrais débuts. C'est là aussi qu'elle rencontre son oracle en la personne de Colonna Romano, tragédienne de la Comédie-Française, qui lui conseille de se présenter au Conservatoire. Elle le fait, est reçue, et obtient en 1921 un premier prix ainsi qu'un engagement dans la maison de Molière. Elle y restera trente-deux ans.
Trente-deux ans pendant lesquels elle aborde tous les grands rôles, de Célimène, qu'elle reprend juste après Cécile Sorel, à la Prouhèze du Soulier de satin qu'elle crée sous la houlette de Jean-Louis Barrault en 1943, avec Madeleine Renaud dans le rôle de Dona Musique, en passant par la Blanche des Corbeaux de Becque (qui lui ouvrit les portes du sociétariat dès 1928) ou la Roxane du Cyrano de Bergerac de Rostand, qui faisait alors son entrée dans le répertoire. Trente-deux ans durant lesquels Marie Bell s'affirme comme la tragédienne par excellence, racée, vibrante, sensuelle, jouant d'une empha […]
