Manufacture royale (appartenant à des particuliers, mais recevant des subventions du roi). Colbert désirait ravir le monopole des glaces à la Sérénissime république de Venise. À prix d'or, il réussit à faire venir, malgré la surveillance dont ils étaient l'objet de la part des services d'espionnage fort bien organisés de la cité, quatre verriers de Murano, petite île de la lagune. Ils furent installés dans le faubourg Saint-Antoine et la manufacture vit le jour en 1665 sous le nom de Manufacture des glaces du faubourg Saint-Antoine. Cet établissement devait fabriquer « des glaces de miroir et autres ouvrages de cristal ». D'autres Vénitiens vinrent rejoindre les premiers. En 1666, le roi, accompagné de son frère et des princes, visita la manufacture et s'en trouva fort satisfait. Louis XIV, de 1667 à 1695, a acheté de grandes quantités de glaces, et Louis XV l'imitera plus tard ; car, si le grand succès des miroirs se situe au xviiie siècle, Versailles déjà illustrait magnifiquement la production de la nouvelle industrie française. En 1695, la Manufacture du faubourg Saint-Antoine fusionna avec la Manufacture royale des glaces de France (Saint-Gobain) puis av […]
