Né à Libourne, en Gironde, d'un père juriste, Léon Duguit fit de brillantes études secondaires au collège de sa ville natale, puis entra à la faculté de droit de Bordeaux, où il fut reçu docteur à vingt-deux ans et agrégé l'année suivante.
Passionné de droit public, Léon Duguit enseigne alors à Caen puis à Bordeaux le droit constitutionnel et le droit administratif ; en 1919, il est élu doyen de la faculté de droit de l'université de Bordeaux, il garde ce titre jusqu'à sa mort. Parallèlement à sa carrière professorale, il s'engage dans l'action politique, mais avec moins de succès. Difficile à classer sur l'échiquier politique, il se réclame du courant « solidariste » de Léon Bourgeois, représenté aussi par Charles Gide et Émile Durkheim notamment. Après un premier succès à des élections municipales en 1908, il est mis en ballottage aux élections législatives de 1914 et ne se présente pas au second tour. Renonçant à la politique, il se consacre pour de nombreuses années à l'action sociale dans sa ville de Bordeaux.
Léon Duguit a surtout marqué son temps par ses écrits juridiques, tant pour la théorie générale du droit qu'en matière constitutionnelle et administrative. Il s'est d'abord situé par opposition aux tendances individualistes et subjectivistes qui étaient alors regardées comme l'unique approche des fondements du droit. Très influencé par Durkheim, Léon Duguit se présenta très vite comme le principal tenant de « l'école réaliste », selon laquelle le droit est un phénomène objectif, de nature évolutive. Aussi affirme-t-il qu'« il est impossible de démontrer le passage du droit subjectif au droit objectif et d'admettre l'antériorité du droit subjectif par rapport au droit objectif ».
Dans son Traité de droit constitutionnel (1911), il se déclare partisan du bicaméralisme et souhaite qu'une des chambres soit élue par les syndicats professionnels, idée qu'il développe notamment dans l'article intitulé « La représentation syndicale au Parlement » de la Revue politique et parlem […]
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