Désignation courante, en France, des membres de la congrégation de la Mission, fondée en 1626 par saint Vincent de Paul (1581-1660) ; ils sont appelés ailleurs Vicentians, Vicentinos, Paules... À la suite des nombreuses conversions provoquées par un sermon de Vincent de Paul, le 25 janvier 1617, à Folleville (Picardie), sur les terres de la famille de Gondi, l'idée prend corps, en 1626, de constituer une « association de quelques ecclésiastiques de doctrine, piété et capacité connues » qui s'appliqueraient « au salut du pauvre peuple, allant de village en village [...] prêcher, instruire, exhorter et catéchiser ces pauvres gens et les porter à faire tous une bonne confession générale de toute leur vie passée ». Les premiers membres de la société s'installent à Paris, au collège des Bons-Enfants, puis (1632 ; ils sont alors 25) au prieuré de Saint-Lazare (d'où vient le nom de lazaristes). Le rayonnement apostolique des deux maisons s'élargit très vite : conférences ecclésiastiques des mardis, séminaires, retraites pour les prêtres et les laïcs, assemblées diverses pour l'organisation de secours contre la misère, évangélisation des campagnes.
Après une fondation à Toul (1635), l'expansion est rapide en province : il y aura vingt-trois établissements à la mort de Vincent de Paul (1660), soixante-dix-huit au moment de la Révolution. Hors de France, les prêtres de la Mission se fixent à Rome (1642), à Gênes (1645), en Irlande (1646), en Pologne (1651). L'implantation missionnaire commencée à Madagascar en 1648 doit être abandonnée en 1674 ; Jean Le Vacher y est mis à mort en 1683. La congrégation apporte une assistance spirituelle aux esclaves chrétiens de « Barbarie », à Tunis (1645) et à Alger (1646), les missionnaires ayant réussi à s'y faire reconnaître comme consuls de France. À la suite de l'interdiction des jésuites, les lazaristes sont appelés au Levant (1784) : îles de la Grèce, Salonique, Constantinople, Smyrne, Syrie, Liban. Présents en Chine dès 1697 avec L. A. Appiani, ils s'établissent à Pékin en 1785 ; cet effort se poursuit au xixe siècle, en dépit des persécutions, au cours desquelles sont mis à mort F. R. Clet (1820) et Gabriel Perboyre (1840).
La congrégation de la Mission est, en France, une des cinq congrégations masculines « autorisées » selon les dispositions de la loi de 1901 sur les associations. L'internationalisation croissante de la congrégation, illustrée par l'élection d'un supérieur général américain (1947) et le transfert à Rome de la curie généralice, a conduit à modifier ce statut légal (1964) : désormais, ce n'est plus la congrégation dans sa totalité qui est « reconnue », mais la « province autonome de France » ; la nomination de son provincial doit être confirmée par décret du gouvernement français.
La congrégation de la Mission comptait 295 membres en France en 2003 ; il y avait dans le monde plus de 4 600 lazaristes.
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