La Vision après le sermon (National Gallery of Scotland, Édimbourg), que Paul Gauguin (1848-1903) peignit durant l'été de 1888 lors de son séjour à Pont-Aven, n'est pas à proprement parler une œuvre « primitiviste » : c'est l'influence japonaise qui y prédomine, en particulier celle d'Hiroschige dont plusieurs gravures sur bois sont proches de tel ou tel élément du tableau (l'arbre au tronc en diagonale, Jacob et l'Ange, les Bretonnes). Mais il marque dans la peinture de Gauguin une évolution capitale, stylistiquement vers le synthétisme, et du point de vue du sujet vers le symbolisme. Cette évolution permettra au peintre d'intégrer plus facilement des thèmes et des formes issus de civilisations non occidentales, ou de choisir dans la tradition occidentale elle-même des épisodes que n'avait pas véritablement retenus la tradition classique (l'art byzantin par exemple). Gauguin va systématiquement les rechercher et les intégrer à son travail dans les années suivantes, et c'est à ce titre que La Vision après le sermon peut se comprendre comme un jalon capital de son « primitivisme ».
Photographie
Vision après le sermon, P. Gauguin Paul Gauguin, Vision après le sermon ou Le Combat de Jacob avec l'Ange, mi-août-mi-septembre 1888. Huile sur toile. 73 cm X 92 cm. National Gallery of Scotland, Édimbourg.
Crédits: AKG Consulter
Barthélémy JOBERT
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