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Jumpin' at the woodside, BASIE ("Count")

Jumpin' at the woodside

Jumpin' at the woodside Son

Jumpin' at the woodside Jumpin' at the Woodside, Count Basie et son Grand Orchestre New York, 22 août 1938

Crédits: Musique: "Jumpin' at the woodside" Count Basie (Jon Hendricks/Count basie/Charles Hattaway) © Bregman Vocco Conn Inc (Warner Chappell Music France S.A.) (Disques Frémeaux et associés Réf. FA202).
Image: © Bettmann/CORBIS-SYGMA.
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Le Woodside Hotel de Harlem était le lieu de résidence du grand orchestre de Count Basie lorsque celui-ci n'était pas en tournée. Le titre de ce morceau fait référence aux fêtes mémorables organisées par de petits groupes de musiciens dans leurs chambres d'hôtel: détachés de la contrainte de la grande formation en représentation, ceux-ci pouvaient alors faire swinguer à loisir leur musique.

Jumpin' at the Woodside, arrangé par Eddie Durham mais très certainement remodelé par le groupe au fur et à mesure des sessions, était constamment réclamé par le public. Count Basie rapporte dans son autobiographie, Good Morning Blues, qu'il faisait particulièrement vibrer l'audience du Birdland, le célèbre club situé entre la 52e et la 53e rue de Manhattan.

Après une introduction par la basse très boogie-woogie du piano, le morceau est construit autour d'un riff orchestral en forme de pédale jouée par les anches et auquel les cuivres répondent. La trame harmonique, assez simple, constitue le fondement de cet édifice.

L'extrait choisi se situe à la fin du titre, au moment où le clarinettiste achève son chorus. En l'absence du piano, son intervention, tout en contretemps, est agrémentée d'effets, comme le long glissando d'entrée, très périlleux pour la justesse de l'instrument car produit en changeant seulement la pression sur le bec. Dans le passage piano qui suit, l'instrument soliste joue lui aussi une boucle mélodique pendant que les vents interprètent une variation du riff d'introduction, qui a donc subi une mutation. La référence à la polyphonie spontanée du jazz New Orleans existe bel et bien, même si l'on a affaire ici à une musique totalement «écrite», à l'exception des chorus. Les effets de shake sur les trompettes, le jeu sur la dynamique, la guitare et la contrebasse qui marquent les temps sont typiques de l'écriture pour grand orchestre du middle jazz; ces éléments ajoutent une énergie supplémentaire au finale.

La parfaite imbrication des sections, fruit d'un long travail d'ensemble et du talent du chef d'orchestre Count Basie, permet au swing d'habiter cette musique comme un balancement vital incitant à la danse.

Eugène LLEDO

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