Fille de Théophile Gautier et d'Ernesta Grisi (sœur de la danseuse Carlotta Grisi). Élevée dans une absolue liberté, Judith passe sa petite enfance à la campagne où elle mène une existence de sauvageonne ; aussi la règle de la vie de couvent, celui de Notre-Dame-de-la-Miséricorde où elle se retrouve pensionnaire, lui paraît-elle lourde. Dès son plus jeune âge, elle fréquente, dans le salon de son père, Banville, Flaubert, les Goncourt, Baudelaire, Champfleury, Arsène Houssaye, Gustave Doré. Son premier article, une critique de la traduction d'Eureka d'Edgar Poe par Charles Baudelaire, est publié dans Le Moniteur et lui vaut les félicitations du poète. Comme on la surnomme Ouragan en famille, Baudelaire lui prédit qu'elle causera « des naufrages ». Alors qu'elle n'est encore qu'une petite fille, son père recueille un mandarin chinois réfugié politique, Ding Dunling. Sous sa conduite, Judith Gautier traduit, recopie, adapte livres et manuscrits ; elle se spécialise en littérature et civilisation chinoises. Elle étendra son champ d'investigation au Japon et à tout l'Extrême-Orient, ainsi qu'aux civilisations du Moyen-Orient. Elle recrée l'atmosphère des pays évoqu […]
