Franciscain espagnol, Juan de los Angeles occupa de hautes charges dans son ordre : provincial, prédicateur de l'impératrice Marie, confesseur du monastère des Descalzas Reales à Madrid. Imbu de culture classique il n'en est pas moins profondément inscrit dans la tradition mystique franciscaine (celle de saint Denis, de saint Bonaventure et de Hugo de Saint-Victor) qu'il relie à l'école rhénane (Tauler, Ruysbroek). L'amour, selon une conception néo-platonicienne, est au cœur de sa spiritualité et d'une œuvre copieuse d'où se détachent : Triunfo del amor de Dios (1590), refondu dans Lucha espiritual y amorosa entre Dios y el alma (1600), Diálogos de la conquista del espiritual y secreto reino de Dios (1595) suivi de Manual de vida perfecta (1608). Ces traités de doctrine mystique sont écrits dans un style frémissant et très pur, d'une douceur qualifiée d'angélique. En tant que prosateur fray Juan est digne d'être évoqué après l'incomparable auteur des Noms du Christ (1583), fray Luis de León. Outre les Consideraciones espirituales sobre el Cantar de los cantares de Salomón (1607), il écrivit aussi Tratado de los soberanos […]
