Né à Montignac, fils d'un chirurgien de l'armée, Joseph Joubert fait ses études à Toulouse et songe à endosser l'habit ecclésiastique. Il vient à Paris en 1778, fréquente les philosophes, travaille avec Diderot. Il se lie d'amitié avec Fontanes, qui le prendra comme conseiller quand il sera grand maître de l'Université, le nommant inspecteur général (1809). De 1776 à sa mort, il remplit ses Carnets de milliers de notes, allant de la méditation religieuse à la critique littéraire. Son ami Chateaubriand en publie en 1838 un premier choix, sous le titre de Recueil des pensées de M. Joubert ; mais il faut attendre 1938 pour qu'André Beaunier en propose l'édition complète.
Joubert a horreur du plein, qui exclut l'homme. Même les matières les plus dures doivent faire place au vide : « Le marbre, le plomb peuvent devenir nuage. » De tous les éléments, il privilégie l'eau et la lumière, plus « l'esprit », sans lequel « tout serait plein et rien ne serait pénétrable ; il n'y aurait ni mouvement, ni circulation, ni vie ». Il loue dans « l'imagination » sa faculté de mêler le spirituel et le sensible : « Il faut mêler la terre et le ciel. » Pas de « têtes pleines, o […]
