Avec plusieurs autres orientalistes et indianistes français tels qu'Eugène Burnouf, Hyppolite Fauche ou, plus tard, Abel Bergaigne, Joseph Garcin de Tassy occupe une place qui n'a pas été encore vraiment reconnue, ces spécialités, largement dominées par les études anglaises, connaissant depuis longtemps en France une véritable défaveur. Né à Marseille, en pleine Terreur, il fit ses études au petit séminaire puis au lycée de cette ville, apprenant très rapidement les rudiments de l'arabe vulgaire. Il vint à Paris en 1817 pour y suivre des études de droit et fréquenta alors les cours de Sylvestre de Sacy au Collège de France et ceux de l'École des langues orientales. Bientôt distingué par ses professeurs, il apprend l'arabe littéraire, le turc, le persan, l'hindoustani et l'hindi. Étant originaire d'une ville naturellement tournée vers le monde musulman, il va devenir un des très bons connaisseurs de la culture musulmane de l'Inde, pays dans lequel il ne se rendra jamais, mais où il trouvera rapidement de nombreux correspondants qui vont lui faire parvenir textes et manuscrits. Cette pratique essentiellement « textuelle » de l'indianisme naissant est alors majoritaire, et il faudr […]
