Né dans une famille très modeste de Prusse orientale (son père était maître d'école, après avoir été tisserand en Silésie), Herder acquit rapidement une très large culture personnelle par la lecture obstinée de tous les livres qu'il trouvait ; étudiant en théologie à Königsberg, il y suivit l'enseignement de Kant et s'y lia d'amitié avec Hamann. Il découvre alors Rousseau, Shaftesbury, Lessing, Winckelmann, Klopstock. Devenu prédicateur et maître d'école à Riga, il se décide en 1769 à voyager en tant que précepteur du fils du prince-évêque de Lübeck, parcourt l'Europe et rencontre Goethe à Strasbourg en 1770. En 1771, il s'établit à Bückeburg, dans les États du comte de Lippe, comme conseiller du consistoire. En 1776, il obtient grâce à l'appui de Gœthe le poste de Generalsuperintendent de l'Église réformée de Weimar, ville dans laquelle il vivra jusqu'à sa mort, solitaire, sans amis proches, tout à l'ardeur de sa polémique avec Kant et la philosophie criticiste.
Herder apporte à la réflexion littéraire et philosophique la notion d'« esprit du peuple » : chaque pays a ses traditions populaires, qui constituent la source de toute culture d'une nation et de son déve […]
