Si l'on établit une biographie officielle de Jean Grenier, de la licence ès lettres (1917, il a dix-neuf ans) à l'agrégation de philosophie (1922), puis aux postes qu'il occupa — lycées d'Avignon, d'Alger, Institut français de Naples, Alger encore (1930-1938) où le futur auteur de l'Essai sur l'esprit d'orthodoxie (1938) conseille à son élève Albert Camus de s'inscrire au Parti communiste ; puis lycée Michelet, Montpellier, Lille (1942-1944), Alexandrie, Le Caire (1945-1950) ; professeur de philosophie à l'université de Lille en 1950, puis en Sorbonne (1962) jusqu'à 1968, année de sa retraite et du Grand Prix national des lettres, qu'en ressort-il ? D'abord une carrière qui manifeste le goût de cet écrivain d'ascendance bretonne pour le monde méditerranéen.
Voyageur, Jean Grenier le fut dans ses livres (Lettres d'Égypte, suivi d'Un été au Liban, 1962 ; Voir Naples, roman inachevé publié en 1973), mais aussi dans sa manière de traverser les genres et les styles. À cela s'ajoute le fait que le jeune Albert Camus eut la chance d'avoir Jean Grenier comme professeur de philosophie au lycée d'Alger, et que celui-ci demeurera victime du prix No […]
