Homme d'État canadien, né le 11 janvier 1934 à Shawinigan, au Québec.
Dix-huitième d'une famille ouvrière de dix-neuf enfants, Jean Chrétien étudie le droit à l'université Laval avant d'entrer au barreau du Québec en 1958. Depuis longtemps attiré par la politique, il est élu député en 1963 pour le Parti libéral, et conserve son siège à la Chambre des communes jusqu'en 1986. Sous les gouvernements successifs de Lester Bowles Pearson et Pierre Elliott Trudeau, Chrétien sera secrétaire parlementaire du Premier ministre en 1965, ministre d'État en 1967 et ministre du Revenu national en 1968. Il est ensuite nommé ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien de 1968 à 1974, avant de devenir le premier Canadien francophone ministre des Finances, en 1977. Il sera par la suite ministre de la Justice et procureur général du Canada (1980-1982), ministre de l'Énergie (1982-1984) et vice-Premier ministre (1984).
Battu par John Turner pour succéder à Trudeau à la tête du Parti libéral, Chrétien quitte la Chambre des communes en 1986. Réélu député en 1990, après le démission de Turner, il devient à son tour le chef du Parti libéral. Grand artisan de la victoire des libéraux face aux progressistes conservateurs aux élections législatives du 25 octobre 1993, il devient Premier ministre du Canada le 4 novembre. En 1995, il affronte une grave crise politique, alors que les Québécois rejettent de justesse, par référendum, un projet de souveraineté pour le Québec. La question de l'indépendance de la province francophone reste d'une actualité brûlante, même si les revendications souverainistes vont s'atténuer à la fin des années 1990. Le grand combat de Chrétien est de réduire le déficit budgétaire du pays, ce qui est accompli en 1998, avec le premier budget équilibré présenté par le Canada depuis 1970. Réélu en 1997 puis à nouveau en 2000, Chrétien est le premier chef de gouvernement canadien d'après guerre à obtenir trois majorités d'affilée. À l'extérieur, ses relations avec les États-Unis seront parfois tendues, notamment à cause de son refus de s'engager aux côtés des troupes américaines en Irak, en 2003, mais aussi en matière d'environnement, à propos du protocole de Kyōto. Sur le plan social, Chrétien a entrepris des réformes progressistes, symbolisées par une loi de 2003 qui reconnaît les mariages entre homosexuels. Il quitte son poste de Premier ministre en décembre 2003, remplacé par son ex-ministre des Finances et dauphin, Paul Martin.
Universalis
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